Paroisse Saint Martin du Vignogoul

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Eglise catholique en France





Mgr Alexandre JOLY, nommé évêque auxiliaire de Rennes

Le Pape François a nommé ce vendredi 14 décembre 2018, Mgr Alexandre JOLY, évêque auxiliaire de Rennes, il était jusqu’à présent vicaire général de l’archidiocèse de Rouen.
Ordonné le 28 juin 1997 pour l’archidiocèse de Rouen, Mgr Alexandre JOLY fut vicaire à la paroisse Notre-Dame de Rouen Centre et aumônier des étudiants (2000-2003) ; curé de la paroisse Saint-Jacques de Mont-Saint-Aignan (2003-2013) ; directeur du Service diocésain de la Catéchèse (2006-2008). En 2008, il fut nommé Secrétaire général du Synode de l’archidiocèse de Rouen, fonction qu’il occupa pendant 2 ans. Depuis 2011, il était directeur du Service diocésain Liturgie et Sacrements. De 2013 à 2017, Mgr JOLY fut vicaire épiscopal en charge des laïcs en mission ecclésiale et curé de la paroisse Saint-Paul de Quevilly – Couronne.
Depuis 2017, Mgr Alexandre JOLY était vicaire général de l’archidiocèse de Rouen.
L’ordination épiscopale de Mgr JOLY aura lieu le dimanche 10 février 2019 en la cathédrale Saint-Pierre de Rennes à 16h.
À télécharger en bas de page quelques détails biographiques de Mgr Alexandre JOLY.

Contacts presse
Diocèse de Rennes : P. Nicolas GUILLOU – 06 03 22 23 67
nicolasguillou@wanadoo.fr
Diocèse de Rouen : M. Éric de LA BOURDONNAYE – 06 63 75 63 84
dircom.diocese.rouen@wanadoo.fr


Mgr Bruno VALENTIN, nommé évêque auxiliaire de Versailles

Le Pape François a nommé ce vendredi 14 décembre 2018, Mgr Bruno VALENTIN, évêque auxiliaire de Versailles, il était jusqu’à présent curé de paroisse et vicaire épiscopal de ce même diocèse.
Ordonné en 2000 pour le diocèse de Versailles, Mgr Bruno VALENTIN fut vicaire à la paroisse Saint-Georges de Trappes (2001-2004) ; délégué diocésain pour la pastorale des jeunes 18-30 ans (2001-2005) ; Curé de la paroisse de Chatou (2004-2012) ; Responsable du service diocésain de formation (2007-2012) ; doyen du Vésinet (2007-2010).
Depuis 2012, Mgr Bruno VALENTIN était curé des paroisses du groupement de Montigny-Voisins-le-Bretonneux ainsi que vicaire épiscopal en charge du doyenné de Rambouillet ; puis lui ont été ajouté successivement les charges du doyenné de Maule-Montfort (2013) et de Saint-Quentin (2015). Depuis 2014, il était également délégué diocésain de l’Œuvre des Campagnes.
L’ordination épiscopale de Mgr Bruno VALENTIN aura lieu le dimanche 20 janvier 2019 en la cathédrale Saint-Louis de Versailles à 15h30.
À télécharger en bas de page quelques détails biographiques de Mgr Bruno VALENTIN.

Contacts presse
Diocèse de Versailles : Mme Clémence LE GRELLE – 01 30 97 68 05
clemence.legrelle@catholique78.fr


Déclaration de la Conférence des responsables de Culte en France

Au lendemain de l’attaque perpétrée à Strasbourg nous voulons exprimer ici notre plus vive émotion et surtout notre affection et notre solidarité pour les victimes, leurs familles et leurs proches. Nous, les responsables de Culte en France, réunis aujourd’hui en conférence, nous voulons en appeler à la confiance et à la fraternité et invitons nos fidèles à la prière qui apaise, qui répare et qui console comme nous l’avons fait ce matin ensemble autour du psaume 120 : 1.Vers l’Eternel quand je suis dans la détresse, je crie et il me répond. (…) 6 Elle s’est oubliée trop longtemps, mon âme, auprès de ceux qui haïssent la paix. 7. Je suis paix et quand j’en parle, eux me font la guerre. L’espérance est plus forte que toutes les haines.
Mgr Georges PONTIER et Mgr Pascal DELANNOY
Conférence des évêques de France
M. le pasteur François CLAVAIROLY et Mme Christiane ENAME
Fédération protestante de France
Métropolite EMMANUEL et Métropolite JOSEPH
Assemblée des Evêques Orthodoxes de France
M. le Grand Rabbin Haïm KORSIA et M. Joël MERGUI
Consistoire central israélite de France
M. Ahmet OGRAS et M. Anouar KBIBECH
Conseil français du culte musulman
Mme. Minh Tri VO et M. Olivier WANG-GENH
Union Bouddhiste de France
La conférence des responsables de culte en France (CRCF) a été créée le 23 novembre 2010. Elle regroupe six instances responsables du Bouddhisme, des Églises chrétiennes (Catholique, Orthodoxe, Protestante), de l’Islam et du Judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté des responsables de Culte en France d’approfondir leur connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. Les membres de la CRCF se rencontrent régulièrement pour partager leurs actualités et discuter des sujets communs qui les occupent et organisent, à l’occasion, des colloques à dimension interreligieuse sur des sujets de société.
Contact presse : service relations presse des cultes


Tour d’horizon des nouveaux sites de la Conférence des évêques de France

La Conférence des évêques de France abrite de nombreux sites internet et ne cesse de faire évoluer sa présence sur la toile. Les sites de services de la CEF (services nationaux à caractère pastoral), sont refondus régulièrement.
En 2018, 4 services nationaux ont travaillé à leur nouveau site internet, marquant ainsi leur volonté d’offrir le meilleur service possible aux différents réseaux et personnes intéressées qui les consultent. Parallèlement, le site « portail » eglise.catholique.fr a connu quelques évolutions ; hébergeant notamment des mini-sites spécifiques pour divers évènements : états généraux de la bioéthique, synode des évêques sur les jeunes, JMJ de Panama, entre autres.
Cherchant une véritable synergie entre eux, les sites internet de la CEF participent à la prise de parole de l’Église en France et cherchent à offrir toujours plus de ressources aux internautes.
Sur le plan du référencement, un travail quotidien est effectué pour que le plus grand nombre puisse rejoindre naturellement les centaines de milliers d’internautes qui consultent déjà les sites de la CEF.
 
Refonte du site du Service national pour les relations avec les musulmans (janvier 2018)
relations-catholiques-musulmans.cef.fr

À l’occasion de sa refonte graphique, éditoriale et technique, le site Relations catholiques-musulmans a souhaité valoriser l’actualité en matière de dialogue interreligieux et les initiatives islamo-chrétiennes prises dans les diocèses, sans négliger l’actualité immédiate à travers le compte Twitter. Un agenda en ligne montre la vitalité des propositions existantes dans l’Hexagone.
Des ressources comme recension de livres, vidéos et Lettre EN DIALOGUE soutiennent la formation personnelle de l’internaute. Une attention particulière est portée aux mariages islamo-chrétiens.
Refonte du site du Service national de la catéchèse et du catéchuménat (août 2018)
catechese.catholique.fr

Le site du Service national de la catéchèse et du catéchuménat, « Catéchèse & catéchuménat » a fait peau neuve pour s’adapter aux besoins des acteurs dans les diocèses et aux conditions de leur pastorale en constante évolution. Très demandé, le partage d’expériences et de bonnes pratiques occupe une nouvelle rubrique.
Outre les textes fondamentaux du Magistère pour la catéchèse, des articles de fond, des matériaux pour les formateurs tirés des sessions de formation nationales, figurent des ressources pratiques comme les boîtes à outils de la catéchèse, du catéchuménat ou pour la catéchèse des personnes porteuses d’un handicap, des articles juridiques… Grâce à un nouveau moteur de recherche, l’accès aux listes des très abondants outils de catéchèse est facilité qu’il s’agisse des documents bénéficiant de la Marque visuelle de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat, des moyens vidéos répertoriés ou de recensions d’ouvrages intéressants pour les acteurs pastoraux.
Refonte du site du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations (octobre 2018)
jeunes-vocations.catholique.fr

Nouvelle arborescence et nouvelle charte graphique pour Jeunes & Vocations, le site à destination des acteurs en pastorale des jeunes et des vocations dans les diocèses, mouvements et communautés. Cinq réseaux sont désormais clairement identifiés : pastorale des jeunes, pastorale des vocations, pastorale des adolescents, pastorale des étudiants  et pastorale des jeunes professionnels.
Un espace est également dédié à la plate-forme ecclésiale du service civique qui permet chaque année à plus de 1000 jeunes d’effectuer un service civique dans l’une des 20 organisations d’envergure locale ou nationale partenaires.
Refonte du site du Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (novembre 2018)
migrations.catholique.fr

À l’occasion de sa refonte graphique, éditoriale et technique, le site Église et Migrations a été enrichi par des contenus de formation. Ils visent à favoriser une meilleure connaissance des textes bibliques dans une perspective migratoire, familiariser à la doctrine sociale de l’Église concernant les migrations et soutenir un approfondissement personnel grâce aux nombreux liens vers des ressources complémentaires.
migrations.catholique.fr souhaite ainsi contribuer à susciter des vocations dans l’accueil et l’accompagnement des migrants et des réfugiés.
À signaler également l’ouverture d’un intranet réservé aux aumôniers catholiques de prison.


JMJ 2019 : Week-end d’intégration pour le groupe de l’Enseignement catholique

Les 24 et 25 novembre, la trentaine d’enseignants en formation ou en poste, d’APS ou encore de psychologue scolaire qui composent le groupe JMJ de l’Enseignement catholique venant de toute la France se sont retrouvés pour un week-end d’intégration.
Deux jours pour apprendre à se connaître, deux jours pour démarrer nos JMJ au Panama.
Toute l’organisation du week-end a été pensée pour en faire le véritable point de départ des JMJ! Joseph Herveau, diacre et responsable national de l’animation pastorale au sein du secrétariat général et responsable du groupe, a préparé avec l’équipe d’animation un itinéraire en plusieurs étapes qui se vivront tout au long de notre séjour au Panama.
La première : « Moi, la planète, les autres, et Dieu ? » s’est vécue lors du week-end d’intégration du groupe, à Montrouge (92).
Ainsi, c’est tout un programme autour de ces questionnements qui a été imaginé avec des animations « brise glace » pour apprendre à se connaître par le jeu, et des carrefours en petit groupe pour une parole libre autour de textes bibliques, le tout rythmé par des temps de prière et de célébration, notamment la messe du samedi soir présidée par le père Vincent Breynaert, directeur du Service National pour l’Évangélisation des Jeunes et pour les Vocations (SNEJV), qui a également passé la soirée avec nous pour nous faire entrer dans le thème des JMJ, reprenant la parole de Marie : « Qu’il me soit fait selon ta parole ».
Le week-end a aussi été l’occasion de dévoiler un peu plus notre programme.
Du 19 au 27 janvier, nous vivrons au rythme des JMJ à Panama City avec le festival de la jeunesse, le forum des vocations ou encore les animations organisées par l’ambassade de France en lien avec la délégation française, et bien sûr la rencontre avec le pape.
Puis du 27 janvier au 2 février dans le diocèse de Chitré nous serons accueillis dans un établissement scolaire, au sein d’une congrégation enseignante. Des moments forts avec les professeurs les élèves et les parents d’élèves sont prévus, mais aussi avec des enfants socialement défavorisés, tout cela grâce à l’inénarrable Sr Esther Rodriguez que l’équipe d’animation a eu la joie de rencontrer lors d’un voyage de reconnaissance en avril dernier. Nous profiterons aussi de la nature luxuriante pour renouveler notre regard sur la Création et agir pour habiter autrement la planète, notre « maison commune » comme dit le pape François.
À la fin du week-end, un groupe était né et il était palpable que chacun attendait impatiemment de partager les moments à venir.
Ophélie Rota
Groupe Facebook dédié : « JMJ 2019 Enseignement catholique »


San Juan Diego, patron des JMJ : un indien converti choisi par la Vierge Marie

Né en 1474 à Cuautitlan, Juan Diego grandit dans l’Empire aztèque qui prône sacrifices humains et l’anthropophagie. Indien illettré, il porte le nom indigène « Cuauhtlatoatzin », c’est à dire « celui qui parle comme l’aigle ». Avec la conquête du Mexique par les Espagnols, le christianisme se propage dans le Nouveau Monde. Des missionnaires sont envoyés pour enseigner la foi aux indiens mais la mission est difficile et peu fructueuse. En 1524, Juan Diego et sa femme demandent le baptême à l’un des premiers missionnaires franciscains. Cinq années plus tard, Maria Lucia, son épouse, meurt et laisse Juan Diego seul avec son oncle lui aussi récemment converti. Juan Diego continue de grandir dans la foi chrétienne et parcourt chaque samedi et chaque dimanche quatorze kilomètres pour assister à la messe et se former à la catéchèse.

Première apparition, la foi de Juan Diego
Le samedi 9 décembre 1531, Juan Diego marche vers Tepeyac comme à son habitude pour se rendre à la catéchèse. Ce jour-là, un chant magnifique semblable à un chœur d’oiseaux vient du haut de la colline. Juan Diego levant les yeux, aperçoit une nuée blanche et resplendissante. Sans crainte ni trouble, sentant dans son cœur une joie profonde, Juan Diego se demande alors : « Me trouverais-je digne, mériterais-je, d’aventure, d’entendre ce que j’entends ? Peut-être suis-je en train de rêver ? (…) ». Le chant cesse et une voix de femme l’appelle avec tendresse « Juantzin, Juan Diegotzin ». Juan Diego approche et se retrouve devant une très belle femme. Elle porte une robe qui « resplendit comme le soleil » et se tient debout sur des pierres précieuses qui rayonnent. Elle s’adresse à Juan Diego dans sa langue maternelle, le nahuatl, et lui demande où il se rend. Juan Diego comprend toutes ces choses dans son cœur et répond alors « dans ta vénérable maison à Mexico pour apprendre des choses de Dieu ». La dame se présente alors tout à fait clairement: « Je suis la Sainte Vierge Marie, toujours parfaite; j’ai l’honneur d’être la Mère du seul vrai Dieu, celui par qui tout vit, le Créateur des personnes, le Maître du proche et du lointain, le Seigneur du ciel et de la terre. »
La Vierge Marie charge Juan Diego de demander à l’évêque, frère Juan de Zumarraga, de faire construire une église pour montrer et donner son amour, sa compassion, son aide et sa protection : « Je veux de tout mon cœur, je désire ardemment que l’on me construise ici une petite maison sacrée, où je montrerai, où j’exalterai, où je vous ferai rencontrer Celui qui est tout mon amour (…) »

Deuxième apparition, l’humilité de Juan Diego
Juan Diego se présente à l’évêque, celui-ci l’écoute avec attention mais ne croit pas en son récit. Comment la Vierge pourrait-elle apparaître et parler à un indien si récemment converti ? Sur la route du retour, Juan Diego retrouve la Sainte Vierge Marie sur le mont Tepeyac.
Découragé, il lui demande de confier cette mission à un noble, respecté, honoré qui sera écouté. Mais la Sainte Vierge insiste, elle connaît le cœur noble et humble de Juan Diego, elle sait que grâce à cette grande humilité, il saura parfaitement porter son message à l’évêque : « Il faut que mon désir, ma volonté soient entièrement mis en oeuvre et menés à bien par ton intercession. »

Troisième apparition, la fidélité de Juan Diego
Le dimanche 10 décembre, Juan Diego rend visite une deuxième fois à l’évêque, mais à nouveau celui-ci refuse de le croire. Après lui avoir posé beaucoup de questions, l’évêque lui demande d’apporter des preuves des apparitions. Juan Diego se rend à nouveau auprès de la Dame qui le remercie pour son fidèle service. Elle lui donne rendez-vous le lendemain, elle lui donnera le signe qu’il portera à l’évêque.
À son retour, Juan Diego trouve son oncle Juan Bernardino en proie à une forte fièvre. Toute la journée du lundi 11 décembre se passe sans que Juan Diego puisse mettre à exécution la demande de la Vierge Marie.

Quatrième apparition, la confiance de Juan Diego
Le mardi 12 décembre tôt le matin, Juan Diego est en chemin et contourne rapidement la colline de Tepeyac pour ne pas être retenu par la Sainte Vierge. Il doit en toute hâte chercher un prêtre étant donné la gravité de l’état de son oncle. Pourtant Elle est bien là et descend du sommet pour le saluer et s’inquiéter de lui. Juan Diego est confus et supplie la Sainte Vierge de patienter jusqu’au lendemain. Elle le tranquillise : « S’il te plaît, mon fils préféré, prête bien attention à cela, puisses-tu le garder gravé dans ton cœur : ce qui t’effraie, ce qui t’afflige n’est rien. Que ton visage et ton cœur ne se troublent pas. Je t’en prie, ne crains ni cette maladie, ni un quelconque autre mal, ni quoi que ce soit de douloureux et d’affligeant. Ne suis-je pas ici, moi qui ai l’honneur d’être ta mère ? N’es-tu pas sous mon ombre et ma protection ? Ne suis-je pas la source de ta joie ? N’es-tu pas sur mes genoux, dans le creux de mes bras ? Aurais-tu d’aventure besoin de quelque chose? ». Elle lui annonce que son oncle est guéri puis elle lui demande de monter au sommet de la colline pour cueillir des roses qu’il apportera à l’évêque, ce sera la preuve qu’il demande. Juan Diego a confiance. Ebahi, il cueille de magnifiques roses, en plein cœur de l’hiver aride, sur un terrain rocheux, à 2500 mètres d’altitude, là où ne poussent que chardons et épines ! Dans la culture indienne, fleurs et chant symbolisent la vérité.

Les miracles des fleurs et de la guérison
Juan Diego retourne alors chez l’évêque, il porte sa tilma, grand manteau dans lequel il cache les fleurs. Lorsqu’il ouvre sa tilma, les fleurs se répandent au sol. Quelle stupeur pour tous de voir à cet instant s’imprimer miraculeusement sur l’habit une image représentant la Vierge, métisse, enceinte et revêtue d’un manteau couvert d’or. L’évêque et tous les hommes présents tombent à genou. En larmes, l’évêque implore alors le pardon de la Sainte Vierge et fait porter immédiatement la tilma dans sa chapelle privée. Le lendemain, Juan Diego et l’évêque se rendent sur la colline afin de connaître l’endroit exact pour ériger la chapelle de la Sainte Vierge. Aussitôt on commence à la construire.
Juan Diego retourne auprès de son oncle, accompagné d’hommes envoyés par l’évêque pour attester la nature miraculeuse de la guérison. En bonne santé, il dit avoir eu une apparition de la Sainte Vierge. Elle l’a guéri, lui a raconté tout ce que son neveu avait fait pour elle et lui a révélé son nom « la Parfaite et Sainte Vierge Marie de Guadalupe ».

Un saint pour le nouveau monde
Sur le mont Tepeyac la chapelle est achevée deux semaines après, le 26 décembre 1531. La tilma est déposée en procession sur l’autel de la chapelle. Tous viennent admirer, contempler la merveilleuse et prodigieuse image de la Sainte Vierge et lui présenter leurs prières. La Vierge de Guadalupe suscite la conversion massive des Indiens qui demandent à recevoir le baptême. Aux pèlerins qui le lui demandent, le voyant fait le récit complet des événements, commente les mots pleins d’amour de la Sainte Vierge et encourage à la confiance en Dieu et en Marie. Il meurt à l’âge de 74 ans, le 30 mai 1548.
Le 31 juillet 2002, devant une foule de 9 millions de personnes, le Pape Jean Paul II canonise Juan Diego Cuauhtlatoatzin, exemple de sainteté par sa foi, sa dévotion et sa fidélité à Dieu.
« L’apparition de Marie à l’indien Juan Diego sur la colline de Tepeyac en 1531 eut des répercussions décisives pour l’évangélisation. Son influence dépasse les frontières du Mexique et s’étend au continent tout entier (…) » Jean-Paul II.
L’actuelle basilique de Notre Dame de Guadalupe, conçue par l’architecte mexicain Pedro Ramirez Vázquez, a été inaugurée en 1976 pour remplacer l’ancienne qui menaçait de s’effondrer. Avec près de 20 millions de pèlerins par an, il s’agit du second monument catholique le plus visité, après Saint-Pierre de Rome. En 1951, Pie XII a nommé la Vierge de Guadalupe, patronne de l’Amérique latine. En 1999, lors de son 4ème voyage au Mexique, le pape Jean-Paul II l’a désignée « Reine du Mexique et impératrice des Amériques ». En 2016, lors de sa visite du Mexique, le pape François a vénéré dans le sanctuaire de Notre Dame de Guadalupe « la mère et la patronne de tout le continent américain ».
La tilma est aujourd’hui exposée dans l’un des transepts. Depuis près de cinq siècles, cette cape interroge et fascine par le caractère extraordinaire de la sainte image. Parmi les nombreuses apparitions mariales qu’on compte à travers le monde, celle de Notre Dame de Guadalupe au Mexique reste l’une des plus remarquables : Marie intervient ici au tournant de l’histoire d’un peuple et d’un continent pour en modifier le cours.
 


Appel aux catholiques de France et à nos concitoyens

À l’heure où nous écrivons, notre pays n’est pas encore sorti de la crise dite « des gilets jaunes » : crise révélatrice d’un malaise très profond et très ancien, qui engendre une grave défiance envers les responsables politiques.
Il serait à coup sûr très dommageable que cette situation délétère se prolonge. Mais chacun sent, plus ou moins confusément, que la sortie de crise sera difficile car les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir. Comme nous l’écrivions il y a deux ans, « il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une part importante des habitants de notre pays, et qui expriment ainsi des attentes et de profonds désirs de changements. Il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national »[1].
Nous constatons que notre démocratie manque de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble. L’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical contribuent à ce déficit. Où nos concitoyens trouveront-ils des lieux appropriés pour ce travail si urgent ?
L’Église catholique dispose d’un maillage de milliers de paroisses, réparties sur l’ensemble de notre territoire et riches de la présence de multiples mouvements, aumôneries et associations de fidèles. Lieu de prière, en particulier liturgique, la paroisse est aussi par nature et par vocation la « maison de famille fraternelle et accueillante » [2] pour tous et la « famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme » [3]. À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité.
Notre proposition
Nous sommes à quelques jours de Noël, mais dès maintenant il est possible d’entreprendre une réflexion qui pourra se poursuivre tout le temps nécessaire, en lien avec tout ce qui se déroulera sur le territoire. C’est maintenant que nos concitoyens ont besoin de débattre entre eux et de disposer de lieux pour le faire.
C’est pourquoi nous vous proposons, dans les semaines à venir, de susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées.
Pour ce travail, à titre de pistes de réflexion, nous vous suggérons les cinq questions suivantes :

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Nous vous suggérons de transmettre vos réponses à vos élus. Votre évêque lui aussi sera heureux d’en être informé.

 
Le 11 décembre 2018,
Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers
[1] Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, Dans un monde qui change retrouver
le sens du politique, coédition Bayard-Cerf-Mame 2016, p. 12.
[2] S. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christifideles laici, 1988, n° 26.
[3] Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, n° 28.


JMJ : le programme officiel du Festival de la Jeunesse dévoilé

Musique, danse, arts plastiques, cinéma, pièces de théâtre mais aussi de la peinture et de la photographie font partie des propositions de manifestations organisées dans le cadre du Festival de la Jeunesse. Ce festival est proposé aux participants dans le cadre des JMJ de Panama. Tous ces événements seront répartis sur 33 sites autours de la ville de Panama. Le Festival de la Jeunesse mobilisera des jeunes du monde entier, engagés dans l’expression de diverses formes d’arts et de cultures.
Vendredi 7 décembre, le Comité Local d’Organisation (COL) a rendu public le programme du Festival de Jeunesse qui se déroulera du 23 au 27 janvier 2019. Le Festival de la Jeunesse s’articulera autour de 7 scènes officielles qui auront pour nom les Saints Patrons des JMJ. Des scènes seront également installées dans les centres commerciaux de la capitale panaméenne. Enfin, des musées, des théâtres ainsi que des églises permettront de vivre un temps d’adoration du Saint Sacrement.
En marge du Festival de la Jeunesse se déroulera, le mercredi 23 janvier, la « Coupe des JMJ 2019 », un tournoi de football amateur au sein du « Town Center » (Costa del Este). L’ambition de ce tournoi est d’unir les jeunes pèlerins du monde entier par le sport. Avec cette compétition l’enjeu tient plus au partage qu’à la compétition. Il constitue une opportunité pour les participants de développer : l’esprit d’équipe, l’esprit sportif, l’effort, le respect, l’honnêteté et la collaboration.
Localisation des 7 scènes officielles :

Saint Jean Bosco – Parc Francisco Paredes
Saint Juan Diego –  Parc Omar
Saint Martín de Porres –  Parc Urracá
Saint José Luis Sánchez del Río –Parc  V Centenario
Saint Óscar Romero – Centre de convention « Figali »
Sainte Rose de Lima – Las Palmeras, Canal de Panama
Bienheureuse Soeur María Romero Meneses – Avenue  » de los Poetas »

5 scènes annexes dans les centres commerciaux :

Multiplaza
Metromall
Megamall
Westland mall
Altaplaza mall

3 théâtres :

 Théâtre « Balboa »
Théâtre « Ascanio Arosemena »
Théâtre « Anita Villalaz »

2 salles de retransmissions vidéo :

Musée du Canal de Panama
Théâtre « Gladys Vidal Municipal »

9 expositions :

« Le bras miséricordieux – La source du pardon » – Musée du Canal de Panama
« Saint Jean Paul II et la culture – Notre Dame de Guadalupe – Les martyrs de Marmosa »  – Metro Mall
« Les Croix de l’artiste Lilibeth Benet » – Town Center
« Les miracles eucharistiques » par l’artiste Luis Alberto Sánchez Serrano – Casa Lewis
« Mission feu et couleurs » (Misión Fuego y Color) – Basilique du Sanctuaire national de l’Immaculée Conception
« Gaudí, fils de Marie » – Musée de la biodiversité
Exposition photographique – « Donner la vie » – Ambassade de France
« CristoNautas Parc » – Parc de la jeunesse
Village indigène – Parc de la jeunesse

 4 Églises pour l’Adoration du Saint Sacrement

Église de Santa Ana Sanctuaire national Notre-Dame de Guadalupe
Église du Christ Roi
Église de Marie Auxiliatrice
Église Saint François de la Caleta chapelle du parc Omar

Des dizaines d’artistes venus des 5 continents
Amerique :

Alfareros – République Dominicaine
Luis Enrique Ascoy – Pérou
Matt Maher – États-Unis
Joan Sánchez – États-Unis
Jon Carlo – États-Unis
Siervas – Pérou
Pablo Martinez – Argentine
Kayros – Mexique
Kairy Márquez – États-Unis
Athenas – Argentine
Ainsi que les meilleurs artistes catholiques panaméens

Asie :

Master Plan – United Arab Emirates Acts of the Apostles – Inde
Lahore Christian Youth Group – Pakistan

Europe :

La Voz del Desierto « La Voix du désart » – Espagne
Judy Bailey – Allemagne
Ooberfuse – Royaume Uni
Bernadette de Lourdes (spectacle musical) – France

Afrique :

Alleluya Band – Malawi

Océanie :

Père Rob Galea – Australie

Retrouvez la vidéo de présentation du Festival de la Jeunesse pour les JMJ de Panama (sous titrage en anglais)


Commentaires du dimanche 16 décembre

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
dimanche 16 décembre 2018
3éme dimanche de l’Avent

1ère lecture
Psaume
2ème lecture
Evangile

PREMIERE LECTURE – livre du prophète Sophonie 3, 14-18
14 Pousse des cris de joie, fille de Sion !
Eclate en ovations, Israël !
Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie,
fille de Jérusalem !
15 Le SEIGNEUR a levé les sentences qui pesaient sur toi,
il a écarté tes ennemis.
Le roi d’Israël, le SEIGNEUR, est en toi.
Tu n’as plus à craindre le malheur.
16 Ce jour-là, on dira à Jérusalem :
« Ne crains pas, Sion !
Ne laisse pas tes mains défaillir !
17 Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi,
c’est lui, le héros qui apporte le salut.
Il aura en toi sa joie et son allégresse,
il te renouvellera par son amour ;
il exultera pour toi et se réjouira,
18 comme aux jours de fête. »

DIEU EST AMOUR : SOPHONIE L’AVAIT COMPRIS
« Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête » (v. 17-18). Cette phrase-là, à elle toute seule, nous prouve que, dès l’Ancien Testament, les prophètes ont bien annoncé que Dieu est amour. Ce qui veut dire, au passage, que nous commettons un contresens quand nous disons que seul le Nouveau Testament parle d’un Dieu d’amour !
Ces propos de Sophonie nous paraissent bien audacieux, mais, à vrai dire, ils ne sont pas nouveaux. Bien sûr, il a fallu des siècles de Révélation biblique (c’est-à-dire de pédagogie de Dieu) pour en arriver là. La Révélation de Dieu comme Epoux, n’a pu se faire qu’après des siècles d’histoire biblique ; au début de l’Alliance entre Dieu et son peuple, cette notion aurait été trop ambiguë. Les autres peuples ne concevaient que trop facilement leurs dieux à l’image des hommes et de leurs histoires de famille ; dans une première étape de la Révélation, il fallait donc déjà découvrir le Dieu tout-Autre que l’homme et entrer dans son Alliance.
C’est le prophète Osée (au huitième siècle) qui, le premier, a parlé de l’Alliance entre Dieu et son peuple, non plus seulement comme d’un contrat, fait d’engagement et de fidélité mutuelle, comme tout contrat, mais comme d’un véritable lien d’amour, celui des fiançailles. Tous les prophètes ultérieurs, le premier Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, le deuxième et le troisième Isaïe ont développé ce thème des noces entre Dieu et son peuple ; et on retrouve chez eux tout le vocabulaire des fiançailles et des noces : les noms tendres, la robe nuptiale, la couronne de mariée, la fidélité… Le troisième Isaïe (au sixième siècle) poussera l’audace jusqu’à employer le mot « désir » (au sens de désir amoureux) pour traduire les sentiments de Dieu à l’égard de son peuple.
Quant au Cantique des Cantiques, long dialogue amoureux, composé de sept poèmes, nulle part il n’identifie les deux amoureux qui s’y expriment ; mais les Juifs le considèrent comme le dialogue entre Dieu et son peuple ; la preuve, c’est qu’ils le lisent tout spécialement au cours de la semaine de la célébration de la Pâque, la grande fête de l’Alliance de Dieu avec son peuple.
Mais, si elles nous remplissent d’émerveillement, ces audaces des prophètes sont empreintes également de gravité et d’exigence. Car, si le peuple d’Israël peut être comparé à une épouse, toute infidélité à l’Alliance n’est plus seulement un manquement à un contrat, cela devient un véritable adultère ! On lit donc chez eux également tout le vocabulaire de la jalousie, l’ingratitude, la tromperie, les retrouvailles. Ce qu’ils appellent les infidélités du peuple, ce sont ses retombées dans l’idolâtrie.
Revenons à Sophonie : c’est un prophète du septième siècle av.JC., à Jérusalem, sous le règne du roi Josias (monté sur le trône en 640). Son livre est très court, il ne couvre que cinq pages dans la Bible, notes comprises…! Mais il est très dense et certaines de ses pages sont devenues célèbres ; Sophonie appelle le roi et le peuple à la conversion : « Recherchez le SEIGNEUR, vous tous, les humbles de la terre, qui mettez en pratique le droit qu’il a établi ; recherchez la justice, recherchez l’humilité, peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du SEIGNEUR. » (So 2, 3). De conversion, il y en a grand besoin : sous les règnes précédents (des deux rois Manassé, 687-642, et Amon, 642-640), tous les commandements de Dieu ont été bafoués comme à plaisir ! (idolâtries, violences, fraudes, mensonges, injustices sociales, orgueil des puissants, écrasement des pauvres)… On pourrait résumer en disant : « tout ce qui déplaît à Dieu, on le fait ».
Et Sophonie ne se prive pas de dénoncer : par exemple : « ceux qui se prosternent devant le SEIGNEUR tout en jurant par leur dieu Mélek » (1, 5) ; (ce qui revient à les accuser d’idolâtrie doublée d’hypocrisie!). Ou encore « ceux qui remplissent la maison de leur Seigneur du produit de la violence et de la fourberie. » (1, 9). Et au début du chapitre 3 : « Au milieu de Jérusalem, ses ministres sont des lions rugissants ; ses juges, des loups au crépuscule, qui n’ont plus rien à ronger au matin (parce que leur voracité est telle qu’ils engloutissent rapidement leurs proies !). Ses prophètes sont des vantards, des tricheurs ; ses prêtres ont profané ce qui est sacré, ils ont violé la loi. » (3, 3 – 4).
Sophonie va donc user des deux langages habituels des prophètes : la menace contre ceux qui font du mal ; les encouragements pour ceux qui essaient de rester fidèles. Et autant il sera violent dans ses menaces, autant il sera encourageant et optimiste pour les fidèles, ceux qu’il appelle les humbles.
Premier langage : la violence dans les menaces, vous la connaissez, et malheureusement, on n’a souvent retenu que cela : c’est d’un texte de Sophonie qu’est tiré le fameux chant « Dies Irae, dies Illa… » (Jour de colère que celui-là), un chant que tous les auteurs de Requiem ont mis en musique ! Jour de colère… le risque, en chantant ce texte, c’est de croire qu’il faut avoir peur de la fin du monde …! Ce qui serait encore un contresens : car la colère de Dieu est toujours seulement contre le mal, contre ce qui fait le malheur de l’homme… puisque le seul but de Dieu, c’est le bonheur de l’humanité.
POUSSE DES CRIS DE JOIE, PEUPLE CHOISI
Deuxième langage, les encouragements : le texte d’aujourd’hui est de ceux-là. Et à qui s’adresse-t-il ? Au peuple d’Israël, et particulièrement à Jérusalem (Sion est le nom de la colline de Jérusalem sur laquelle Salomon a bâti le Temple qui devait être le symbole de la Présence de Dieu) : « Pousse des cris de joie, fille de Sion » : « Fille de Sion » veut dire Sion tout simplement c’est-à-dire Jérusalem et à travers elle le peuple élu. (C’est l’une des particularités de l’hébreu : nous avons rencontré récemment ce genre d’expression en hébreu avec le texte de Daniel qui parlait d’un fils d’homme, ce qui voulait dire « homme »).
« Fille de Sion, réjouis-toi, car le Seigneur est en toi, en vaillant Sauveur » ; ce chant habite nombre de nos fêtes, mais savons-nous qu’il est inspiré du prophète Sophonie ? Plus étonnant, cette annonce apparemment triomphante est prononcée à une époque où ni la ville sainte, ni le peuple ne se montrent dignes de telles déclarations. Mais notre indignité ne saurait éteindre l’amour de Dieu !
Le discours de Sophonie à l’adresse de Jérusalem est donc un encouragement à la conversion. Il faut se remettre en mémoire les versets qui précèdent juste la lecture d’aujourd’hui : « En ce jour-là, tu n’auras plus à rougir de toutes tes mauvaises actions, de ta révolte contre moi ; car à ce moment, j’aurai enlevé du milieu de toi tes vantards orgueilleux, et tu cesseras de faire l’arrogante sur ma montagne sainte. Je maintiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le Nom du SEIGNEUR. Le reste d’Israël ne commettra plus d’iniquité ; ils ne diront plus de mensonges, on ne surprendra plus dans leur bouche de langage trompeur : mais ils paîtront et se reposeront sans personne pour les faire trembler. » (So 3, 11-13). Alors de ce reste d’Israël converti naîtra la nouvelle Jérusalem : elle accomplira enfin sa vocation d’être la ville de la Présence de Dieu, et n’aura plus rien à craindre de personne. Ce que Sophonie traduit par l’expression : « Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi ! » Ce qui, si l’on y réfléchit bien, est une reprise pure et simple des promesses de Dieu au Sinaï. C’est le sens même du Nom de Dieu (YHVH que nous traduisons par SEIGNEUR) révélé à Moïse.
On retrouve là une grande parenté avec d’autres prophètes de la même époque ; Joël par exemple : « Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais. Vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, et que je suis le SEIGNEUR, votre Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre. » (Jl 2,26-27). Des siècles plus tard, dans une autre période de morosité, le livre de Zacharie reprendra textuellement la phrase de Sophonie : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !… » (Za 9, 9). Parce que Dieu n’a éternellement qu’une seule chose à dire à son peuple : « Ne crains pas, le Seigneur ton Dieu est en toi. »
Encore quelques siècles, et le messager de Dieu viendra dire à une fille d’Israël : « Réjouis-toi, Marie… Le Seigneur est avec toi ». Et grâce à elle nous verrons Dieu parmi les hommes. Saint Jean pourra dire : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » (Jn 1, 14).

PSAUME – 12, 2-3. 4bcde. 5-6
2 Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR
Il est pour moi le salut.
Exultant de joie, vous puiserez les eaux
aux sources du salut
4 Rendez grâce au SEIGNEUR,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le « Sublime est son nom ! »
5 Jouez pour le SEIGNEUR, il montre sa magnificence
et toute la terre le sait.
6 Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

MON UNIQUE FORCE, C’EST LE SEIGNEUR
Psaume de confiance, psaume d’action de grâce parce que Dieu nous sauve, on pourrait croire que tout était rose …! Mais si vous avez la curiosité de vous reporter au texte dans la Bible, au verset précédent, vous lirez : « Tu diras ce jour-là » ; cela prouve que l’action de grâce n’est pas encore pour aujourd’hui : pour l’instant, on est dans la crainte.
Effectivement, le contexte politique est tout-à-fait sombre : nous sommes au huitième siècle av. J.C. , vers 740-730 : l’empire assyrien (capitale : Ninive) est la puissance montante, son expansion semble irrépressible. Beaucoup de textes de cette époque reflètent la crainte qui pèse sur toute la région… Il est l’Ennemi, le Danger public !… Rappelez-vous le livre de Jonas qui présente Ninive comme la ville impie où se commet tout ce qu’il y a de mal sur la terre.
A cette époque-là, le peuple de Dieu est divisé en deux royaumes (depuis la mort de Salomon vers 930) : deux royaumes minuscules, tout proches l’un de l’autre ; donc ce qui menace l’un menace inévitablement l’autre. Ces deux royaumes qui devraient au moins être frères, à défaut d’être unifiés, mènent des politiques différentes, et parfois même opposées : c’est le cas ici. Le royaume du Nord (capitale : Samarie) tente de résister à la pression assyrienne. Et pour résister, il fait alliance avec le roi de Damas et entreprend le siège de Jérusalem pour contraindre son roi, Achaz, à entrer dans leur coalition. Achaz est donc dans une véritable tenaille : d’un côté, les deux roitelets voisins, moins puissants, mais très proches, déjà aux portes de Jérusalem, et de l’autre, Ninive qui finira peut-être bien par écraser tout le monde.
Achaz, finalement, préfère capituler avant de combattre pour une cause qui lui semble perdue d’avance : il demande de lui-même à être reconnu comme vassal de l’Assyrie. Il achète sa sécurité, mais il y perd sa liberté, évidemment. A vues humaines, son calcul est sage, il a raison !… Oui, mais… le peuple élu de Dieu a-t-il le droit de raisonner « à vues humaines » ? Ses calculs sont guidés par ses craintes, mais un croyant a-t-il le droit de craindre ? Où donc est passée sa foi ? Vous connaissez la phrase superbe au chapitre 7 d’Isaïe : « Le coeur d’Achaz et le coeur de son peuple furent agités comme les arbres de la forêt sont agités par le vent »… (Is 7, 2). Et c’est là que, mal inspiré par ses doutes et ses craintes, Achaz a commis le geste horrible : il a sacrifié son fils à une divinité parce que, pour ne pas perdre la guerre, il était prêt à tout.
HOMME DE PEU DE FOI
L’attitude d’Isaïe est très ferme « reste calme, ne crains pas » (7,4)… « si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas » (7,9). On croit l’entendre dire « homme de peu de foi »… Et là commence tout un passage de paroles d’espérance, qui occupe les chapitres 7 à 11, c’est-à-dire ce qui précède juste notre chant d’aujourd’hui. Le prophète annonce que les triomphes de l’Assyrie n’auront qu’un temps, et que bientôt on chantera le chant de la liberté. Et donc le cantique qu’il compose pour célébrer à l’avance la libération promise par le SEIGNEUR est vraiment le chant du soulagement ! « Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. »
On est frappé par les similitudes entre ce cantique d’Isaïe 12 et le chapitre 15 de l’Exode, c’est-à-dire le chant que Moïse et les fils d’Israël ont entonné sur le bord de la mer des Joncs, après leur passage miraculeux et leur délivrance de l’Egypte : « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR. Il a été pour moi le salut. C’est lui, mon Dieu, je le louerai, le Dieu de mon père, je l’exalterai. » (Ex 15, 2).
Il y a là plus que la joie de la libération, il y a une véritable profession de foi. Le livre de l’Exode dit dans les versets précédents : « Le peuple mit sa foi dans le SEIGNEUR et en Moïse son serviteur. Alors, avec les fils d’Israël, Moïse chanta ce cantique au SEIGNEUR… »
Isaïe, cinq cents ans plus tard, reprend la même profession de foi pour soutenir ses contemporains ; et eux, qui savent lire entre les lignes, comprennent le message du prophète : comme Dieu a su vous libérer du Pharaon, et pourtant, à vues humaines, c’était impensable, de la même manière, bientôt, Dieu vous libérera de l’empire assyrien ; car celui-ci, même s’il vous fait très peur, ne pèse pas plus lourd que l’Egypte en face de Dieu !
Moïse avait déjà expérimenté l’extraordinaire présence et proximité du Dieu tout-puissant du Sinaï ; Isaïe revit cette même expérience, mais il la traduit avec ses mots à lui : depuis sa vocation (chap 6), il est très marqué par la Grandeur de Dieu, sa Sainteté. Rappelez-vous le récit de sa vocation : ébloui autant qu’effrayé par la vision grandiose, il a retenu le chant des séraphins : « Saint, Saint, Saint, le SEIGNEUR, le tout-puissant » : ici, il redit cet éblouissement devant la grandeur de Dieu, mais il emploie une expression qui devrait à première vue nous sembler paradoxale : « Il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël » : car Dieu est le Saint, ce qui veut dire le Tout-Autre, l’inaccessible. Eh bien, nous dit Isaïe, en même temps, il se fait tellement proche que son peuple peut oser prétendre à une relation de proximité avec lui : Il est le Saint « d’Israël ». Ce qui veut dire que le peuple qu’il s’est choisi peut se prévaloir d’une véritable appartenance ; et son Dieu est au milieu de lui. On entend ici l’écho de l’annonce de Sophonie : « Pousse des cris de joie, fille de Sion !… Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi. » (So 3,14-18 qui est notre première lecture de ce dimanche).
N’en déduisons pas qu’Israël veuille se réserver l’exclusivité de la relation d’Alliance avec Dieu : chaque fois qu’un psaume s’émerveille sur l’élection d’Israël, il y a également une note d’universalisme ; parce que, au long des siècles, on a compris l’élection d’Israël non comme une exclusive, mais comme une vocation ; au temps d’Isaïe, c’était déjà le cas. Ici la note d’universalisme est dans la formule : « Annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! » Pour répondre à sa vocation, et nous pouvons reprendre ceci à notre compte désormais, le peuple sauvé n’a qu’une chose à faire : se contenter de témoigner au milieu des hommes (par ses chants et par sa vie) que Dieu réellement est son libérateur : « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR ; Il est pour moi le salut. »
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Compléments
– « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR ; Il est pour moi le salut. » C’est le chant qu’Isaïe prévoit pour le jour où le peuple sera sauvé : « Tu diras ce jour-là », annonce-t-il ; mais dès à présent, au coeur de l’épreuve, on peut le dire ; car c’est bien au creux de la faiblesse que l’on peut expérimenter la vraie source de notre force ; comme Paul le dit dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « La puissance du Seigneur donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9).
– Ce cantique d’Isaïe ne fait pas partie du psautier mais il pourrait : il est clair qu’il s’agit d’un chant liturgique ; cela prouve seulement que tous les chants liturgiques n’ont pas été inclus dans le psautier.

DEUXIEME LECTURE – lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens 4, 4-7
Frères,
4 soyez toujours dans la joie du Seigneur ;
je le redis : soyez dans la joie.
5 Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes.
Le Seigneur est proche.
6 Ne soyez inquiets de rien,
mais, en toute circonstance,
priez et suppliez, tout en rendant grâce
pour faire connaître à Dieu vos demandes.
7 Et la paix de Dieu,
qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir,
gardera vos coeurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

LE SEIGNEUR EST PROCHE… NE SOYEZ INQUIETS DE RIEN
« Le Seigneur est proche… Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes ». Dans ces quelques mots, tout est dit sur la prière : premièrement dans la prière, supplication et action de grâce sont toujours liées ; deuxièmement, le Seigneur est proche de nous ; troisièmement, parce que le Seigneur est proche, nous ne sommes inquiétés par rien.
Premièrement dans la prière, supplication et action de grâce sont toujours liées ; c’est une caractéristique de la prière juive qui dit toujours en même temps « Tu es béni, Seigneur, toi qui nous donnes… et s’il te plaît, donne-nous ». C’est logique d’ailleurs : si l’on prie Dieu c’est parce qu’on sait qu’il peut et qu’il veut notre bonheur… et qu’il y travaille sans cesse. Lui demander quelque chose, c’est, implicitement au moins, déjà lui rendre grâce. Nous savons bien d’ailleurs que quand nous adressons à Dieu une prière de demande, nous ne lui apprenons rien, nous nous préparons à accueillir le don qu’il nous fait. Et vous connaissez le psaume 66 : « Dieu, notre Dieu nous bénit, que notre Dieu nous bénisse. » Dieu ne cesse pas de nous bénir, de nous pardonner, de nous combler… alors nous lui disons : « ce que tu veux faire, fais-le, notre coeur est ouvert. » Par la prière, nous lui ouvrons la porte en quelque sorte. Prier, au fond, c’est se plonger dans le don de Dieu.
Deuxièmement, le Seigneur est proche de nous ; cela aussi est l’une des grandes insistances de Paul ; cela veut dire au moins deux choses : Dieu est proche de nous parce qu’il nous aime ; les hommes de l’Ancien Testament l’avaient peu à peu compris ; et aussi Dieu est proche parce que les temps sont accomplis, parce que le Royaume de Dieu est déjà inauguré et que nous sommes dans les derniers temps ; vous connaissez cette autre phrase de Paul, empruntée au vocabulaire nautique « le temps a cargué ses voiles » : comme un bateau près d’entrer au port replie ses voiles (c’est le sens du mot « carguer »), de la même façon, l’histoire humaine est tout près du port. Et quand le bateau approche de la fin de la course, on voit bien les voyageurs agglutinés au bastingage parce que la terre enfin à portée de vue les attire comme un aimant.
Troisièmement, parce que le Seigneur est proche, nous ne sommes inquiétés par rien : « Notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ » (Phi 3, 20). On croit entendre ici l’écho de cette parole si fréquente de Jésus « Pourquoi craignez-vous, hommes de peu de foi ? » Ou encore cette superbe leçon sur la prière chez Saint Matthieu : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?… Ne vous inquiétez pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? – tout cela les païens le recherchent sans répit -, il sait bien, votre Père céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses. Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain : le lendemain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 25-34). « Chercher le royaume et la justice de Dieu », c’est dire « que ton règne vienne », ou c’est, comme Paul, être tendu vers ce but-là avant tout autre : « Là où est notre trésor, là est notre coeur. » Rappelez-vous cette autre phrase de Paul : « Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse en Jésus-Christ » (Phi 3, 13-14).
CONTROLE TECHNIQUE : QUELLES SONT NOS VALEURS ?
Ici, Paul nous demande peut-être de remettre en place nos valeurs et de vérifier où sont nos priorités. Si, réellement, le royaume de Dieu est notre premier souci, nous porterons au monde le seul témoignage dont il ait besoin, celui de la sérénité. « Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » Nous avons lu dans l’évangile de Luc, pour le premier dimanche de l’Avent : « Sur terre, les nations seront affolées… les hommes mourront de peur… mais Vous, redressez-vous et relevez la tête » sous-entendu car vous, vous êtes prévenus et vous savez le sens dernier de l’histoire humaine : l’heure de votre libération a sonné, le mal va être définitivement vaincu. Ce n’est pas de l’insouciance, c’est de la confiance, de la sérénité. « Ne soyez inquiets de rien »… Manière de dire « Nous sommes dans la main de Dieu. »
Cette sérénité doit même aller jusqu’à la joie. « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur » : tous les textes de ce dimanche nous parlent de joie ; avant le Concile Vatican II, les ornements de ce troisième dimanche de l’Avent étaient roses, en signe de joie ; et l’introït (chant d’entrée) commençait par le mot de Paul « gaudete-réjouissez-vous ». Ce qui ne veut pas dire que tout était rose pour les Philippiens : un peu plus haut dans cette lettre, Paul rappelle qu’ils ont eu à « souffrir pour le Christ » (c’est-à-dire qu’ils ont été persécutés à cause de leur foi). D’ailleurs, si la joie allait de soi, Paul n’aurait pas à la leur recommander ! Paul emploie pourtant l’impératif : ce n’est pas un conseil, c’est un ordre pour les Chrétiens.
Etre « Chrétien », c’est être « Du Christ », c’est appartenir au Christ, et donc être rempli de la joie même du Christ. L’une des rares prières formulées par Jésus que l’évangile nous ait transmise est ce magnifique hymne de jubilation chez Saint Matthieu : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre » (Mt 11, 25) et cet autre « Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé. Je savais bien que tu m’exauces toujours » (Jn 11, 41). La joie du Christ a très certainement impressionné les apôtres ; Jean a retenu cette phrase : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11). Or cette parole, Jésus la prononce le dernier soir, donc en parfaite connaissance des heures douloureuses qui viennent.
Pour des Chrétiens, si je comprends bien, la joie devrait aller de soi ; Paul ne devrait pas avoir besoin de nous le rappeler ! Pour autant, cette joie profonde, cette sérénité ne signifient pas absence magique de difficultés (nous ne le savons que trop), dans l’annonce évangélique comme dans l’ensemble de notre existence : pour beaucoup, le présent est morose, voire même cruel. Raison de plus pour ne pas quitter la main de Dieu. Paul nous dit : ne quittez pas ce courant de grâce et d’amour dans lequel vous êtes plongés ; mais n’hésitez pas à dire à Dieu vos difficultés.

EVANGILE – selon Saint Luc 3,10-18
En ce temps-là,
10 Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean
lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
11 Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
12 Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
13 Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
14 Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. »
15 Or le peuple était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
16 Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
17 Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
18 Par beaucoup d’autres exhortations encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

QUE DEVONS-NOUS FAIRE ?
Ceux qui viennent vers Jean-Baptiste, ce sont les petits, la foule, le peuple, les mal-vus, (les publicains et les soldats qui les accompagnaient probablement.) : pour eux, le parler rude du prophète est Bonne Nouvelle. Humblement, ils demandent : qu’est-ce que se convertir ? Jean-Baptiste a une réponse simple : notre conversion se mesure à notre attitude envers notre prochain. Plus tard, dans la même ligne, Jésus dira : « Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur… »
Mais, tout compte fait, les foules qui s’approchaient du baptême de Jean et qui lui demandaient « Que devons-nous faire ? » auraient fort bien pu répondre à sa place ! Car sa prédication était dans la droite ligne des prophètes : pratiquer la justice, le partage, la non-violence, c’était leur thème favori. Et parce que Jean se conduisait vraiment comme un prophète, on se prenait à rêver : serait-ce lui le Messie ? Enfin… depuis le temps qu’on l’attendait. « Le peuple était en attente », précise Luc.
LE PEUPLE ETAIT EN ATTENTE… DU MESSIE… NE L’EST-IL PAS ENCORE ???
La réponse de Jean sur ce point est très ferme : non, je ne suis pas le Messie, mais je vous l’annonce, il vient, sa venue est imminente. « Il vient, celui qui est plus puissant que moi. »… « Par ces exhortations et bien d’autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. » Quand Luc parle d’une Bonne Nouvelle, il s’agit de celle-là : il faut entendre « il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle (sous-entendu) de la venue du Messie ». Et Jean définit le Messie de deux manières : premièrement, il est celui qui baptise dans l’Esprit Saint ; deuxièmement, il vient exercer le Jugement de Dieu.
Premièrement, le Messie est celui qui baptise dans l’Esprit Saint ; car on savait, depuis le prophète Joël, qu’au temps du Messie, Dieu répandrait son Esprit sur toute chair. Mais d’abord, quelques mots sur le baptême : première constatation, ce n’est pas Jésus qui a inventé le geste de baptiser, c’est-à-dire de plonger les fidèles dans l’eau ! Puisque Jean baptise avant que Jésus ait commencé sa vie publique. On sait qu’il y avait également des cérémonies de baptême à Qumran. Mais il est vrai qu’au temps de Jésus, la pratique du Baptême était récente et très peu répandue ; et d’ailleurs, vous aurez beau chercher les mots « baptême » et « baptiser » dans l’Ancien Testament, vous ne les trouverez presque jamais, ni en hébreu ni en grec. Il n’était dit nulle part dans la loi juive qu’on devait se faire baptiser : le rite d’entrée dans la communauté, c’était la circoncision. Et si, à l’époque du Christ, on pouvait désigner un certain Jean en l’appelant « le Baptiste », c’est bien qu’il y avait là réellement un signe distinctif.
Il est difficile de dire quel sens on attribuait au Baptême dans le Judaïsme du temps de Jésus : les mouvements de renouveau religieux se multipliaient et celui de Jean-Baptiste est l’un d’entre eux, mais pas le seul. Ce qu’on sait, c’est que, de tout temps, la religion juive prévoyait des rites d’eau, des ablutions (il ne s’agissait jamais de se plonger entièrement, alors que, comme son nom l’indique, le Baptême est une plongée complète dans l’eau) : elles avaient toutes un but de purification au sens biblique du terme ; il ne s’agit pas de laver du péché, mais de permettre à l’homme de se séparer de tout ce qui le rattache au monde profane pour lui permettre d’entrer en contact avec le domaine sacré, celui de Dieu.
Avec Jean-Baptiste, un pas nouveau est franchi : il donne au Baptême un nouveau sens, celui de conversion et de rémission des péchés. Mais il annonce lui-même qu’avec Jésus, ce sera encore tout différent : « Moi, je vous baptise avec de l’eau… Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » Nos oreilles du vingt-et-unième siècle n’entendent plus l’énormité de cette phrase. Ce n’est pas le mot « baptiser » qui est énorme, puisque justement Jean-Baptiste est en train de baptiser des Juifs dans l’eau du Jourdain. Mais c’est la suite de la phrase « dans l’Esprit Saint et dans le feu » qui vous aurait fait l’effet d’une bombe si vous aviez entendu Jean-Baptiste. L’expression « Esprit Saint » n’existait pratiquement pas dans l’Ancien Testament et les rares fois où elle était employée, l’adjectif « saint » voulait dire qu’il s’agissait de l’esprit du Dieu saint, mais on ne pensait pas à l’Esprit comme une personne distincte.
Pourquoi ? Parce qu’au début de l’Alliance entre le Dieu du Sinaï et le peuple de Moïse, la première urgence était de délivrer ce peuple du polythéisme et de lui révéler le Dieu unique : il était trop tôt pour dévoiler le mystère de ce Dieu unique en trois personnes. On parlait volontiers du Souffle de Dieu, qui donnait à l’homme sa force vitale, ou même qui poussait l’homme à agir selon la volonté de Dieu, mais il n’était pas encore révélé comme une Personne distincte. Les paroles de Jean-Baptiste ouvrent la porte à cette révélation : il annonce un baptême « dans l’Esprit Saint » et non plus un baptême « avec de l’eau ».
Deuxièmement, le Messie vient exercer le Jugement de Dieu. Cet aspect-là aussi de la vocation du Messie était très présent dans l’Ancien Testament. D’abord toute la méditation sur le roi idéal qu’on attendait pour les temps messianiques le présentait comme celui qui ferait disparaître tout mal et ferait régner la justice ; d’autre part, les chants du Serviteur, dans le deuxième livre d’Isaïe, insistaient fortement sur ce point : le Serviteur de Dieu, le Messie déploierait le jugement de Dieu. Très habituellement, ce jugement de Dieu était évoqué comme une purification par le feu (nous retrouvons le mot « feu » ici) et par une opération de tri : « Il tient en main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » Les auditeurs de Jean-Baptiste connaissaient cette image, ils savaient que c’est effectivement une Bonne Nouvelle car ce tri ne supprimera personne : ce feu n’est pas un feu de destruction mais de purification ; comme la pépite d’or est purifiée de ses scories pour être plus belle encore, ce feu nous débarrassera tous de ce qui, en chacun de nous, n’est pas conforme au royaume de justice et de paix instauré par le Messie.
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Compléments
– Jean-Baptiste invite au partage ; ce n’est pas pour nous étonner ; mais il semble bien qu’il nous invite à partager sans enquête préalable : ce serait peut-être cela la conversion ? Bien souvent, avant de venir en aide aux autres, nous nous demandons s’ils méritent bien qu’on s’occupe d’eux ; sans nous apercevoir que, de cette manière, nous sommes encore dans la problématique du mérite, et non dans la gratuité de l’amour.
– « La courroie de ses sandales » : les rabbins recommandaient de ne pas imposer à un esclave d’origine israélite une tâche pénible ou humiliante, telle que déchausser son maître ou lui laver les pieds . » (cf R de Vaux « Institutions de l’Ancien Testament », tome I p. 134).
– Les publicains : on dirait aujourd’hui les percepteurs ; ils étaient chargés de ramasser les impôts pour le compte de l’occupant romain ; mais la similitude s’arrête là. Nos percepteurs n’ont aucun droit de regard sur le montant de l’impôt ; les publicains, au contraire, étaient taxés d’une certaine somme par le pouvoir romain et ensuite récupéraient sur la population : ils pouvaient être tentés de récupérer plus qu’ils n’avaient versé ! Par extension, tout fonctionnaire était considéré comme un publicain.
– Les soldats : il s’agit probablement d’une sorte de police composée de mercenaires qui accompagnait les publicains. (Les Juifs n’avaient pas le droit de recruter une armée, ce ne sont donc pas des soldats juifs ; quant aux soldats romains – armée d’occupation – ils ne se mêlaient généralement pas à la population).
– Luc, prend bien soin, comme toujours, de souligner la différence radicale entre le ministère de Jean-Baptiste et celui de Jésus : le baptême du Précurseur est une plongée dans l’eau, comme symbole d’une volonté de purification. Le Baptême chrétien sera la plongée dans le feu de l’Esprit même de Dieu. Et Jésus franchit le pas décisif puisqu’il rattache le Baptême chrétien à son propre itinéraire pascal : désormais, à ceux qui croient en son nom, il est donné d’être plongés dans le feu de l’amour trinitaire. Les baptisés sont greffés sur lui et participent à sa victoire sur le mal et sur la mort.
– « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » : la préposition grecque « kai » dit, non une addition mais une équivalence ; il faut comprendre « dans l’Esprit Saint qui est feu », c’est-à-dire « dans le feu de l’Esprit Saint ».


1 300 pèlerins français s’envoleront pour le Panama à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse

En janvier prochain, 1 300 pèlerins français venus d’une trentaine de groupes (diocèses, provinces, communautés, mouvements) se retrouveront au Panama pour vivre les XXXIVème Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ). En 2019, le thème retenu pour les JMJ s’inscrit dans la continuité du synode avec ce passage de l’Évangile « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,30).
Créées en 1984 à l’occasion d’un jubilé pour la jeunesse par le pape Jean-Paul II, ce premier rendez-vous rassembla près de 300 000 jeunes. Depuis, tous les trois ans environ, les JMJ ont lieu dans une grande métropole. Les jeunes âgés de 18 à 30 ans passent tout d’abord une semaine en immersion dans les diocèses locaux puis convergent tous vers la ville où se dérouleront une semaine d’événements (Festival de la Jeunesse, Chemin de Croix, Veillée avec le Pape etc.). Le point culminant de leur pèlerinage étant le week-end final avec le Pape.
Pour cette nouvelle édition des JMJ, les pèlerins français sont majoritairement des jeunes professionnels. La moyenne d’âge des participants est de 27 ans et répartissent entre 60% de femmes et 40% d’hommes. Parmi ces pèlerins 70 font partis des volontaires (3 volontaires français sont actuellement déjà sur place pour assurer des missions diverses) et on compte 70 pèlerins individuels qui participeront aux JMJ.
Vous trouverez dans le dossier de presse (téléchargeable ci-dessous) des informations relatives au Festival de la Jeunesse, au Forum des vocations, au Parc du Pardon ou encore le programme du Pape pour ces JMJ.
Enfin, comme pour chaque JMJ se déroulant à l’international, des initiatives locales se montent pour les pèlerins qui ne pourront pas participer afin de leur permettre de prendre part à cet événement mondial en présence du Pape. Des initiatives comme celles du diocèse de Paris, des diocèses de Bretagne ou encore de la province de Poitiers sont à retrouver dans le dossier.

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