L’Église catholique en France se prépare à accueillir Léon XIV
Pèlerinage diocésain à Lourdes
Chaque année, des millions de pèlerins convergent vers Lourdes. Pour le diocèse de Montpellier, c’est un rendez-vous attendu, une parenthèse dans le tumulte, une pause spirituelle aux portes de l’été. Péleriner à Lourdes, c’est accepter l’invitation à se recentrer sur l’essentiel, avec humilité et confiance. C’est être, malgré les épreuves rencontrées, un infatigable pèlerin de l’espérance accompagné par l’intercession maternelle de Marie. Cette année un parcours spécifique a été organisé pour les néophytes qui se joindront aux pèlerins.
C’est une démarche de foi vécue en Église pour se laisser transformer par l’élan fraternel du groupe et la force de la prière commune.
Paroles de pélerins
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Lourdes est le miracle
Par le docteur Alessandro de Franciscis
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Bilan de la première année du pape Léon XIV : continuité, paix et singularité augustinienne
Le 8 mai 2025, la fumée blanche s’élevait sur la place Saint-Pierre.
Un an plus tard, prenons le temps de regarder en arrière et de mesurer le chemin parcouru. Quel visage Léon XIV a-t-il donné à son pontificat ?
Retour sur une année fondatrice.
Un homme qui gouverne à voix basse
Élu pape le 8 mai 2025, à l’âge de 69 ans, Léon XIV est le premier souverain pontife originaire des États-Unis. Pourtant, rien dans son style ne rappelle l’exubérance souvent associée à son pays natal. Plus sobre que son prédécesseur, ce pape américain s’est révélé sportif, polyglotte, et soucieux de comprendre le monde actuel. Dès les premières heures de son pontificat, il s’est présenté, en dépit du décorum inhérent à la fonction, avec une grande simplicité : fils de saint Augustin, héritier d’une tradition qui place la fraternité avant le pouvoir.
Il ne cherche pas à être une copie de son bouillonnant devancier. Cependant, il marche sur la route pavée par François. Sa boussole ? Vatican II, les pauvres, la collégialité, la paix. Dès son élection, il a réinstallé le conseil hebdomadaire réunissant autour de lui les responsables de la Curie, et décidé d’associer étroitement les cardinaux à la conduite de son pontificat en convoquant plus souvent des consistoires. Léon XIV est un homme de méthode, qui préfère le murmure à l’éclat — sans pour autant manquer de fermeté et de détermination lorsque les circonstances l’exigent.
La paix, fil rouge d’une année de voyages
Depuis sa première apparition publique, le pape a répété son appel à une paix désarmée et désarmante — une idée qui a marqué ses premiers mois de pontificat.
Loin d’être une “formule marketing” : c’est un programme. Il a invité le peuple de Dieu ainsi que le faisait le pape François à construire des ponts, dialoguer, rencontrer et à avancer dans l’unité.
Les voyages apostoliques ont traduit cet engagement en actes. Fin 2025, il s’est rendu en Turquie et au Liban dans le cadre d’un voyage axé sur le dialogue interreligieux et l’unité des chrétiens, coïncidant avec le 1 700e anniversaire du concile de Nicée. Au Liban, il s’est recueilli près des décombres provoqués par l’explosion du port de Beyrouth en août 2020. Un geste silencieux, mais éloquent. Au printemps 2026, son voyage en Afrique a constitué un moment de cristallisation, révélateur des tensions et des orientations d’un pontificat encore en ouverture, déplaçant volontairement le centre de gravité ecclésial vers le Sud global.
La synodalité : marcher ensemble, sans se perdre
Léon XIV a affirmé son intention d’assumer l’héritage de François concernant le Synode sur la synodalité, ce vaste chantier lancé en 2021 pour rendre l’Église catholique plus participative et moins cléricale. Il l’a dit sans ambages : « La synodalité doit devenir une mentalité, ancrée dans les cœurs, les processus décisionnels et les modes d’action. » Pour lui, la synodalité n’est pas un concept abstrait réservé aux théologiens — c’est « Vatican II en un mot » : une communauté ecclésiale plus collégiale, plus participative et plus missionnaire.
Magnifica humanitas
Au seuil de ce premier anniversaire de pontificat, tous les regards convergent vers un texte encore inédit : la première encyclique de Léon XIV. Son titre a déjà été dévoilé, et il résonne comme un manifeste. Magnifica humanitas — « Magnifique humanité ».
Ce texte abordera principalement la question de l’intelligence artificielle, dans la lignée de l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII. Un choix de nom chargé de sens : le nouveau pape a replacé ce choix dans le contexte d’une révolution actuelle, celle de l’intelligence artificielle, comparable en ampleur aux bouleversements sociétaux faisant suite à la révolution industrielle du XIXe siècle.
Cette question, Léon XIV l’avait largement abordée à l’occasion de la 60ème journée mondiale des communications sociales le 24 janvier dernier, posant en préambule un constat troublant : sommes-nous en train de sacrifier notre nature profonde sur l’autel de la technologie numérique ?
Gestes fondateurs, prises de parole fortes, textes structurants : ce début de pontificat dessine le portrait d’un pape qui entend parler au monde avec une voix singulière, et rejoindre concrètement la vie des croyants. Un an, c’est peu. Mais le sillon est tracé.
Formation permanente des prêtres à Nantes
Neuf prêtres du diocèse, ayant entre 21 et 30 ans d’ordination (Sursum corda), ont participé à une session de formation à Nantes, accompagnés par Mgr Turini.
Ce temps de trois jours s’inscrivait dans une démarche de formation permanente, à la fois fraternelle et pastorale, au service d’une meilleure compréhension des évolutions actuelles de la vie paroissiale.
Accueillis au séminaire de Nantes, les participants ont bénéficié de l’accompagnement attentif de l’équipe épiscopale locale, composée de Mgr Percerou, de ses deux vicaires généraux et de Madame Françoise Coquereau.
Plusieurs temps de travail à l’évêché ont permis d’entrer de manière concrète dans le thème de la session : le rôle des Laïcs en Mission Ecclésiale (LeME) et les modalités de collaboration entre prêtres et laïcs, notamment dans des formes de responsabilité exercées en binôme.
La visite de deux paroisses du diocèse de Nantes a constitué un moment fort. Les échanges avec les curés et les laïcs engagés ont donné à voir des expériences variées, souvent stimulantes, où s’articulent de manière féconde responsabilité pastorale, coresponsabilité baptismale et organisation concrète de la mission. Ces rencontres ont permis de mieux percevoir la distinction, mais aussi la complémentarité, entre le cadre juridique qui régit les missions confiées et l’accompagnement pastoral nécessaire à leur déploiement.
La session a également été l’occasion de rencontrer des prêtres du même groupe d’années d’ordination dans le diocèse de Nantes.
Ce partage fraternel a permis de croiser les expériences, de mesurer les convergences et les spécificités des contextes pastoraux, et d’encourager une réflexion commune sur les transformations du ministère presbytéral aujourd’hui. Les participants ont aussi découvert une pastorale étudiante dynamique, signe d’une Église en mouvement, attentive aux jeunes générations et inventive dans ses propositions missionnaires.
Le séjour s’est conclu à Pornic, au bord de l’océan, dans une maison d’accueil du diocèse. Ce temps plus paisible a permis de relire ensemble les apports de la session, dans une atmosphère fraternelle et conviviale, propice à l’action de grâce comme à la projection pastorale.
Au terme de ces journées, chacun repart enrichi, conforté dans sa mission, et encouragé à poursuivre le travail de collaboration entre prêtres et laïcs, au service d’une Église toujours plus missionnaire.
Par le père Jean-Sébastien Strumia, Vicaire épiscopal à la formation
Vocations
À l’approche des ordinations prévues fin juin, les diocèses appellent les fidèles à accompagner dans la prière ceux qui se préparent au sacerdoce.
Prier pour les vocations, c’est rendre grâce pour la générosité de ces hommes et de ces femmes qui répondent à l’appel du Christ, mais aussi, témoigner de la demande confiante adressée à Dieu que d’autres répondent à son appel.
La Journée mondiale de prière pour les vocations, célébrée le 26 avril dernier, invitait chaque baptisé à redécouvrir sa propre mission dans l’Église et à soutenir, par la prière ou un signe fraternel, ceux qui s’engagent au service de Dieu et de leurs frères.
Le 8 mai prochain, notre archevêque nous convie au “Pèlerinage pour les vocations” à Notre-Dame du Suc.
Une réponse à l’appel : interview de Jean Dai Ly Nguyen, jeune prêtre ordonné en juin 2024
Qui êtes-vous père et d’où venez-vous ?
“Je suis né dans une famille où l’amour et la foi étaient plus riches que tout l’or du monde. Mes parents, agriculteurs et producteurs d’alcool de riz, ont travaillé dur pour nous élever, moi, mes quatre frères et mes sœurs, dans la tradition chrétienne.
Deux de mes grands frères ont répondu à l’appel du Seigneur en devenant prêtres, et les autres membres de ma famille se sont mariés. Malgré notre pauvreté matérielle, nous étions bénis d’une richesse spirituelle inestimable.
J’ai grandi en voyant la foi en action : la solidarité dans les moments difficiles, la prière commune, et l’engagement de mes frères prêtres. Cela a façonné ma jeunesse et m’a enseigné que la vraie valeur ne se mesure pas en possessions, mais en amour et en dévotion.
La foi dans mon village était comme un phare dans la nuit, guidant les âmes perdues et offrant espoir et réconfort. Elle a survécu aux épreuves, aux persécutions, et a prospéré, témoignant de la force et de la persévérance de notre communauté…”
Qu’est ce qui est à l’origine de votre vocation ? (rencontre(s), évènement(s), éducation, etc…)
“J’avais 15 ans, à la fin de mes années de collège, lorsque j’ai ressenti l’appel du Seigneur. Ce n’était pas dans un moment de grande révélation, mais plutôt à travers le quotidien, touché par la Parole de Dieu et l’exemple vivant des missionnaires français qui ont fondé notre communauté dans ma paroisse natale.
Malgré le contexte difficile du régime communiste vietnamien, où la foi était perçue comme le chemin des martyrs, cet appel a résonné en moi avec une force inébranlable.
C’était comme une petite flamme qui, au lieu de s’éteindre face à l’adversité, grandissait et se renforçait.
Les missionnaires français m’ont montré que la foi n’est pas seulement une affaire de mots, mais d’actions et de service. Ils ont vécu leur mission avec un dévouement qui allait au-delà des barrières culturelles et politiques, incarnant l’amour et la compassion que prêche l’Évangile.
C’est cette combinaison de la Parole et de l’exemple qui a semé en moi la graine de la vocation. Une graine qui a pris racine dans un sol peu propice, mais qui a finalement fleuri, me poussant à suivre le chemin du sacerdoce…”
Qu’avez-vous ressenti lors de l’appel de Mgr Norbert Turini, archevêque de Montpellier, pour votre ordination ?
“Lorsque j’ai reçu l’appel de Monseigneur Norbert TURINI pour mon ordination, c’était un moment d’une intensité émotionnelle indescriptible. J’ai ressenti une vague de joie, d’humilité et de gratitude déferler sur moi. C’était comme si toutes mes années de prière, de dévotion et de préparation avaient convergé en ce seul moment. J’étais à la fois ému et émerveillé par la grandeur de l’appel que Dieu m’avait adressé par l’intermédiaire de Monseigneur. C’était un sentiment d’être profondément aimé et choisi, une expérience qui a renforcé ma foi et mon engagement envers le service de l’Église et de la communauté. C’était vraiment un moment de grâce divine.”
Quel sentiment cela provoque en vous d’être ordonné prêtre ?
“Être ordonné prêtre a été l’un des moments les plus marquants et les plus émouvants de ma vie. C’est un sentiment qui dépasse les mots – une combinaison de joie, de paix et d’un profond sentiment de responsabilité. Chaque jour, je suis rempli d’une gratitude immense pour avoir été choisi pour servir Dieu et Sa communauté de cette manière. C’est un privilège et un honneur que je ne prends pas à la légère. Chaque messe que je célèbre, chaque sacrement que j’administre, est un rappel constant de cet appel sacré. C’est un chemin qui demande du dévouement, de la compassion et de l’humilité, mais c’est aussi un chemin qui apporte une joie et une satisfaction profondes. Être prêtre n’est pas seulement ce que je fais, c’est qui je suis.”
Comment avez-vous vécu votre ordination et les jours qui ont suivi ?
“Mon ordination a été un moment de joie intense et de profonde humilité. En prononçant mes vœux, j’ai ressenti une connexion profonde avec Dieu et une détermination renouvelée à servir Sa communauté. Les jours qui ont suivi ont été remplis d’une énergie nouvelle et d’un sentiment d’urgence.
Ma mission avec l’équipe de la santé a commencé immédiatement. J’ai été accueilli dans les aumôneries des hôpitaux de Montpellier, où j’ai eu l’honneur de visiter les malades. Chaque rencontre était un rappel poignant de la fragilité de la vie et de l’importance de la compassion et de l’écoute. J’ai été touché par la force et le courage de ceux que j’ai rencontrés, et j’ai été inspiré par leur foi.
En tant que vicaire de la cathédrale de Montpellier, j’ai également eu l’occasion de participer à la vie spirituelle de la communauté de manière plus large. J’ai été impressionné par la dévotion et l’engagement de ceux qui assistent aux services et participent aux activités de l’église.
Chaque jour apporte de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour grandir et apprendre. Je suis reconnaissant pour cette vocation et je suis impatient de continuer à servir Dieu et Sa communauté dans les années à venir.




